|
|
 |
Anglais
 
«
Intégration
régionale et renforcement
des échanges intra-communautaires
»
Dialogue régional organisé par ENDA, dans le cadre de la
plate-forme ouest-africaine
des organismes OSC sur l'accord de Cotonou (POSCAO-AC),
en partenariat avec OSCAF-CI et le ministère de
l'intégration de la Côte d'Ivoire
18 - 19 Fevrier
2010, Abidjan
-
La structure commerciale de
l’ensemble des pays de la sous région est fortement
déterminée par la dépendance à l’exportation d’un ou
deux produits de base seulement pour engendrer des
devises. Ces pays sont très vulnérables aux
comportements de facteurs exogènes tels que
l’évolution des cours des matières premières, les
aléas climatiques et les contraintes liées à l’accès
aux marchés dans les pays industrialisés. En dépit
de l’évolution de leurs composantes macroéconomiques
ces dernières années, les pays de la sous–région
n’ont pas réussi à diversifier leur base de
production et de commercialisation sur les marchés
extérieurs, pas plus qu’ils n’ont augmenté les flux
d’échanges intra-régionaux.
-
La configuration du commerce
extérieur de l’Afrique de l’Ouest est la réplique
presque parfaite des relations de dépendances
coloniales et postcoloniales entre la région et ses
anciennes métropoles aujourd’hui tous membres de
l’Union européenne. Au début des années 1980, les
Conventions de Lomé reprennent le flambeau des
accords commerciaux privilégiés entre puissances
européennes et pays africains. Sous prétexte de
restaurer l’équilibre de balances commerciales
déficitaires, les nouveaux accords font la part
belle, moyennant une réglementation favorable sur
les règles d’origine, aux entreprises – souvent
européennes – qui exportent des matières premières.
Coton, cacao, café, produits halieutiques, sans même
évoquer le cas des hydrocarbures, autant de secteurs
dominés par des intérêts français, des courtiers
anglais, des sociétés espagnoles.
-
Quant au commerce intra-régional,
l’une de ses caractéristiques constantes est sa
faiblesse et son instabilité. Dans les pays de l’UEMOA
par exemple, les exportations intra-communautaires
représentent 9 % des exportations totales en 1980,
11% en 1990 et environ 12% au début des années 2000.
Les pays de la CEDEAO ne font guère mieux puisque le
commerce intra-communautaire dans cette région
stagne depuis les années 80 entre 8 et 10%.
Aujourd’hui, les études les plus généreuses lui
créditent d’une part autour de 12 à 15% selon les
données de la CEDEAO.
-
Une
seconde caractéristique majeure du commerce régional
en Afrique de l’ouest réside dans la
non-complémentarité des filières nationales. Le fait
que la quasi-totalité des productions des pays
repose sur les ressources naturelles amène ces
derniers à organiser leurs économies autour des
mêmes produits, qui sont exportés vers les marchés
extracommunautaires. C’est seulement la partie
excédentaire de cette production, dont la quantité
dépend des conditions climatiques, qui est vendue
dans la région (céréales, tubercules etc.). Le
Nigeria et la Côte d’Ivoire sont considérés comme
les deux pôles commerciaux de l’Afrique de l’Ouest.
Au début des années 2000, le premier a réalisé 29,4%
des exportations de la sous-région. La Côte d’Ivoire
quant à elle détient 26,1% de parts de marché dans
la sous-région. Selon les chiffres officiels, les
trois premiers clients ouest-africains du Nigeria
sont la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Sénégal. Les
exportations nigérianes vers ces pays concernent
essentiellement le pétrole brut. La Côte d’Ivoire,
quant à elle, constitue le principal fournisseur de
produits manufacturés et exportateur vers les pays
de l’UEMOA. En 2001, elle détenait près de 68% des
exportations de l’Union.
-
Les pays
africains tentent de se défaire des pratiques
commerciales héritées de l'époque coloniale, qui
privilégient les échanges avec leurs anciennes
colonies plutôt qu'entre eux. Le plus gros
partenaire commercial du Sénégal est la France,
tandis que la Gambie commerce surtout avec le
Royaume-Uni. Bien que la Gambie soit une enclave à
l'intérieur du Sénégal, le commerce entre ces deux
voisins est minime.
Objectifs
spécifiques
-
En
mettant en place ce programme dans le contexte
actuel de négociation d’un accord de libre-échange
avec la CE, ENDA souhaite développer des instruments
de plaidoyer pour à la fois rechercher les
alternatives à l’APE et renforcer les échanges et
les marchés locaux dans le cadre de l’intégration
régionale. Ce plaidoyer devra avoir pour effet de :
-
protéger les filières sensibles du
marché intérieur,
-
diversifier la production et l’offre
de produits en quantité et en qualité,
-
négocier et adopter un Tarif
extérieur commun (TEC) approprié qui prend à la fois
en compte le souci de certains Etats de protéger
l’industrie naissante et celui d’accéder à des
produits bon marché pour d’autres,
-
lancer une réflexion régionale sur la
question de l’intégration monétaire et identifier
son impact sur le commerce et l’économie en général,
-
Mettre en place et promouvoir des
systèmes d’information sur les opportunités du
marché régional et de son potentiel en terme de
croissance et de développement ;
-
Ce programme vise, en somme, à
contribuer à la levée des barrières tarifaires entre
les Etats de la région et à supprimer les entraves à
la libre circulation des biens et des personnes.
L’Afrique de l’Ouest est en effet marquée par de
nombreux goulots d’étranglement qui freinent le
développement des échanges communautaires. Ces
problèmes s’expliquent à la fois par un manque de
volonté politique de certains Etats pour appliquer
les règlements et décisions régionaux ainsi que par
un manque d’éducation et de sensibilisation des
citoyens de la régions sur leurs droits et leurs
obligations dans ce domaine.
Résultats attendus
-
Les
obstacles administratifs, institutionnels,
juridiques et sociales à la libre circulation des
biens et des personnes sont identifié et éliminés
progressivement ;
-
La région fait des avancées mesures
sur la route vers la création d’une région sans
frontière conformément à la vision CEDEAO 2020,
-
La société civile s’implique
davantage dans les actions et plaidoyer pour le
renforcement des échanges intra-communautaires;
-
Les études et analyses appropriées
sont menées sur les secteurs importants du commerce
intra-régional ;
-
Un suivi de l’évolution du commerce
intra-communautaire est effectué à travers la
production d’un rapport annuel sur le commerce en
Afrique,
|